• Palette quadrichrome des Indo-Européens

    Palette quadrichrome des Indo-Européens.

     

    Révision 1          2017-05-24

     

     

     

    Ceci est un complément au livre :

     

               Pierre & André SAUZEAU

     

               La Quatrième Fonction

     

    Altérité et marginalité dans l'idéologie des Indo-Européens

     

    Paris, Belles-Lettres, 2012         (collection "Vérité des mythes" )

     

    et plus particulièrement au chapitre V : « Le système des couleurs et les fonctions dans l’univers mental des Indo-Européens ».

     

     

     

    Les couleurs fondamentales indo-européennes.

     

     

     

    Notre étude nous amène à restituer un système indo-européen de quatre couleurs fondamentales, blanc, rouge, « syame » et « chlore ». Nous essayons ici de donner des représentations figurées de cette « palette ».

     

     

     

    Le problème est évidemment que l’espace de la couleur proprement dite est à trois dimensions, et que ceci rend difficile la représentation graphique. Nous avons choisi de ne pas prendre en considération la dimension de saturation, et nous ramènerons la description à deux dimensions, teinte et luminosité.

     

     

     

    Bien entendu, la partition en quatre couleurs fondamentales que nous représentons ne prétend qu’à proposer une approximation - on ne pourra jamais tester les membres des plus anciennes communautés indo-européennes.

     

    Rappelons d’ailleurs que les études modernes montrent une grande variabilité à l’intérieur même d’une population.

     

     

     

    Représentation circulaire de la quadrichromie indo-européenne restituée.

     

     

     

    Nous avons dessiné un schéma qualitatif, inspiré du système colorimétrique Teinte-Saturation-Luminosité (TSL) - en anglais Hue-Saturation-Lightness (HSL); en nous réduisant, comme nous l’avons dit, à la teinte et la luminosité (clarté). Pour cela nous ne considérons que les couleurs élémentaires de saturation maximale (le schéma ne prend donc pas en considération les gris, de saturation très faible).

     

     

     

    La teinte est codée en coordonnées angulaires. A chaque teinte élémentaire correspond un angle sur le cercle des teintes. Ainsi, en comptant les angles dans le sens positif (inverse de celui des aiguilles de la montre)

     

    ·       teinte rouge typique : 0° (ou 360° , évidemment)

     

    ·       teinte jaune typique : 60° 

     

    ·       teinte verte typique : 120

     

    ·       teinte bleue typique : 240° .

     

    La luminosité (clarté) varie radialement, du centre noir à la circonférence blanche ; la représentation ici est qualitative.

     

     

     

    Les noms de couleurs occidentales indiquées en italiques doivent permettre au lecteur de se repérer ; il va de soi qu’elles n’entendent pas renvoyer à des concepts universels.

     

    Palette quadrichrome des Indo-Européens

     

     

     

    Représentation à partir de la palette WCS.

     

    Palette quadrichrome des Indo-Européens

     

     

     

    La palette WCS (WCS stimulus array), ci-dessus, représente les items colorés du système colorimétrique Munsell utilisés par les ethnographes du World Color Survey - entreprise d’étude ethnographique mondiale des systèmes de couleurs, lancée notamment pour tester les thèses de l’école de Berlin & Kay. Si on met à part la barre des couleurs « achromatiques », blanc-gris-noir, placée à gauche, le reste du diagramme correspond aux différentes teintes à leur maximum de saturation et avec une luminosité variable. L’axe vertical est celui de la luminosité, l’axe horizontal correspond aux différentes teintes.

     

     

     

    Les réponses des sujets de l’enquête permettent de tracer la limite des différentes couleurs fondamentales de leur propre système, et de déterminer, pour chacune de ces couleurs, la nuance qui leur semble typique, le « foyer » de cette couleur.

     

     

     

    Nous utiliserons quant à nous cette palette WCS pour visualiser notre restitution de la partition indo-européenne en quatre couleurs fondamentales.

     

    Le diagramme suivant ne représente que les nuances « teintées », réparties (très approximativement) selon les couleurs indo-européennes restituées.

    Palette quadrichrome des Indo-Européens

     

     

     

    Pour les couleurs « achromatiques », il va de soi que le blanc pur est C 1, et que le noir comme les gris foncés relèvent du syame C 3 ; les gris clairs relèvent sans doute du chlore C 4.

     

     

     

    La partition pourra sembler « peu naturelle » à beaucoup de lecteurs. Il faut évidemment se défier d’une telle réaction. Nous sommes en général si habitués à un système donné de couleurs fondamentales, qui nous a été inculqué dans l’enfance, que nous avons du mal à vraiment accepter qu’il y en existe d’autres.

     

     

     

    Ceci dit, si les études ethnographiques ont montré que beaucoup de peuples « réunissaient le bleu et le vert » (83 cultures sont dans ce cas, sur les 122 étudiés dans le cadre du World Color Survey), l’existence d’une couleur fondamentale couvrant là la fois le jaune et largement le vert est beaucoup plus rare, au point que Berlin & Kay en avaient initialement exclu la possibilité. Les études ethnographiques ultérieures ont montré que le cas, s’il était rare, existait néanmoins de façon irréfutable (3 cultures seulement parmi les 122 du WCS, mais il y en a d’autres en dehors de ce panel).

     

    La palette indo-européenne quadrichrome telle que nos études la restituent correspond donc à un cas de figure rare, mais nullement aberrant.

     

     

     

    Dans la culture occidentale, trois couleurs fondamentales, les couleurs « froides », vert, bleu, violet, sont définies sans tenir compte de la luminosité (clarté). Ce qui fait souvent affirmer (de façon un peu exagérée) que la culture occidentale « privilégie la teinte ». Deux des quatre couleurs de la palette indo-européenne restituée,  le chlore et le syame, s’étalent sur une large gamme de teintes et dépendent fortement de la luminosité. Ceci, pour le coup, n’a rien de rare ethnographiquement pour un système à quatre couleurs fondamentales. 

     


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